MISCELLANÉES STRIPOLOGIQUES
LITTÉRATURES DESSINÉES
Mythopoeia - Æsthetica - Critica



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OUVRAGES SUR LA BANDE DESSINÉE

BANANAS N° 7
22 Bd du Général Leclerc B5, 95100 Argenteuil

Dossier sur Jean Giraud dans les années 1990 avec une interview inédite du maître réalisée par Christian Marmonier en 1995, et deux articles d'Évariste Blanchet sur La Folle du Sacré-Cœur et L’Homme du Ciguri.
Le compte rendu du livre de Jean-Yves Mollier, La Mise au pas des écrivains, permet à Évariste Blanchet de se pencher sur le cas de l’abbé Bethléem, grand pourfendeur d’illustrés. M. Blanchet a la bonne idée de nous proposer trois articles tirés de Roman-Revues/La Revue des lectures, ce qui permet au lecteur de juger sur pièce le point de vue de la réaction cléricale sur les illustrés.
Publié en 1912, un article sur L’Épatant, signé H. David, émane manifestement d’un homme cultivé et qui ne s’effraie pas facilement. Déplorant vulgarité et sensationnalisme dans la revue des Offenstadt, H. David finit par regretter que la revue ne tente jamais de s’élever « au-dessus des bas instincts et des destructions banales pour (...) ennoblir un peu l’esprit et le cœur ». Et d’encourager pères et mères catholiques à surveiller les lectures de leurs enfants. En somme H. David exprime exactement le point de vue qu’exprimera en 1987 un Alain Fourment (Histoire de la presse des jeunes et des journaux d’enfants, éditions Eole).
L’article suivant, sur Hurrah, Jumbo et Le Journal de Mickey, paru en 1937, est nettement moins bien écrit et moins inspiré. À Hurrah, il est reproché essentiellement son américanisme et subsidiairement sa « puérilité », mais on conclut qu’il « n’est point répréhensible d’un point de vue moral ». Jumbo est « puéril » et peu français, mais n’est in fine « point répréhensible d’un point de vue moral ». Jumbo est également accusé d’être ce que les professionnels de l’enfance appelleront après-guerre « une revue déréalisante ». Les critiques les plus dures sont réservées au Journal de Mickey qui, outre son américanisme débridé, est identifié comme publié, mais en sous-main, par les éditions Hachette, ce qui est du reste la stricte vérité. Cependant ce qui choque le plus La Revue des lectures, c’est la rubrique « Petite correspondance », qui permet à des garçons et des filles de 14 à 18 ans de correspondre à l’insu de leurs parents.
En somme, tout ceci apparaît comme assez bête et, en ce qui concerne Le Journal de Mickey, malveillant, mais on est très en dessous, pour l’hystérie dénonciatrice, de ce que publiait, un an plus tôt, un Georges Sadoul (Ce que lisent vos enfants, Bureau d’édition 1936), ou des écrits des censeurs de la Commission de surveillance dans les années 1950 et 1960.
On finit sur un article de 1936 examinant Cadet-Revue d’Alain Saint-Ogan, publication qui est jugée excellente, et qui serait même recommandable s’il ne lui manquait « le sens chrétien ».
Ce numéro de Bananas se poursuit par un article au long cours d’Évariste Blanchet sur Tanguy et Laverdure de Jijé qui fait regretter qu’on ait si peu d’études bien informées sur des œuvres qui ne sont pas de premier plan. Suit une étude de Harry Morgan sur le héros comme être de papier, qui examine de façon savante, mais sans jargon théorique inutile, les lois présidant aux univers dessinés (principe d’anthropomorphisation universelle, principe de métamorphose, etc.).
Bananas s’achève sur des critiques de livres, dont un examen sans concession de The Visual Language of Comics de Neil Cohn, de la main de Renaud Chavanne.

HISTOIRE DE LA BANDE DESSINÉE SUÉDOISE
Frédérik Strömberg
PLG, collection Mémoire Vive, 2015

Courte histoire de la bande dessinée suédoise, valant par sa riche iconographie, de la main d’un Suédois dont le souci est naturellement de présenter les auteurs importants de son pays.
Comme la plupart des pays européens, la Suède a connu au XIXe siècle un beau bouquet d’histoires à texte sous l’image, d’inspiration töpferrienne. Le strip se développe dans les journaux quotidiens à la fin des années 1920. L’influence d’Alex Raymond se fait sentir sur les auteurs du cru dans les années 1940. Les années 1950-1960 voient le triomphe d’une bande dessinée populaire et de qualité, qui naturellement effarouche professionnels de l’enfance et bien-pensants.
L’album ne se développe qu’au début des années 1970, les revues destinées aux adultes dans les années 1980.
Le tour d’horizon des dessinateurs actuels (qui sont souvent des dessinatrices) brouille cette belle ordonnance, car les facteurs esthétiques et éditoriaux deviennent trop nombreux, de sorte que se côtoient style punk, manga à la suédoise, album franco-belge, tandis que se développent autobiographie dessinée, reportage dessiné, et autres romans graphiques.
Remarquable bibliographie des bandes suédoises traduites en français et en anglais.

TINTIN, BIBLIOGRAPHIE D'UN MYTHE
Olivier Roche et Dominique Cerbelaud
Les Impressions nouvelles, 2014

Publier une bibliographie critique, quel que soit le sujet, peut être considéré comme un coup de folie de la part de n’importe quel éditeur, puisqu’on se place au troisième degré d’abstraction, celui de la littérature tertiaire, soit la littérature qui porte sur la littérature secondaire (qui porte elle-même sur le corpus). [Lire]

THE FRENCH COMICS THEORY READER
Ann Miller & Bart Beaty (eds)
Leuven University Press, 2014

Une fois accepté le parti pris adopté par les metteurs en œuvre de The French Comic Theory Reader, à savoir que les écrits francophones sur la bande dessinée appartiennent à un corpus de « French Theory », cet ouvrage présente une utile anthologie ou, pour mieux dire, une chrestomathie (dans sa forme anglaise du reader) de textes français, conduisant le lecteur des textes fondateurs des années 1960 jusqu'aux évolutions récentes de la stripologie. [Lire]

GORGONZOLA n° 19
Octobre 2013
Éditions l’égouttoir, La Boullerie, 53500 Ernée
8 euros

Dans la revue de bandes dessinées dirigée par Maël Rannou, dossier consacré au dessinateur Poirier (auteur d’Horace cheval de l’Ouest et de Supermatou dans le Pif Gadget des années 1970), mort en 1980, à 38 ans. [Lire]

BANANAS N° 6
22 Bd du Général Leclerc B5, 95100 Argenteuil

Encore un numéro de Bananas plein comme un œuf. Entretiens avec le jeune dessinateur belge Jean Bourguignon et le défunt dessinateur espagnol Victor De La Fuente.
Article de Manuel Hirtz sur la bande dessinée pour filles de Pellos Durga Rani Reine des jungles.
Copieux et stimulant article d’Evariste Blanchet, « Que restera-t-il de nos amours ? », qui réfléchit sur la bande dessinée et sa postérité.
Article de Loïc Riva sur Top Ten d’Alan Moore, agrémenté d’une analyse de planche à la manière de Renaud Chavanne, article que complète un entretien avec les dessinateurs de ladite série, Gene Ha et Zander Cannon.
Comptes rendus des ouvrages Pif l’histoire complète, de Richard Medioni, et d'Assemblée générale extraordinaire, qui permet à Evariste Blanchet d'apporter quelques lumières sur l'assemble générale qui mit un terme à la crise qui éclata au sein de l'Association en 2011.

LETTRE À HERGÉ
Jean-Marie Apostolidès,
Les Impressions Nouvelles, 2013

Jean-Marie Apostolidès ouvre son essai par une belle lettre à Hergé qui informe le père de Tintin sur la situation de ses œuvres aujourd’hui.
Puis, dans une première partie, l’auteur examine le Tintin-Lutin (1898) de Benjamin Rabier comme source de l’œuvre hergéenne et tente de montrer que Rabier fit en son temps un portrait de Tintin enfant, posant ainsi les fondations du monde du petit reporter belge.
Dans une deuxième partie, M. Apostolidès examine les deux générations des lecteurs de Tintin, celle des années 1930-1940 qui ont lu Tintin « dans son jus », comme un commentaire de l’actualité, puis la génération des baby-boomers, à qui Tintin a servi d’ouverture au monde.
Enfin, dans une troisième partie, l’auteur se penche sur les possibilités de continuation du mythe, via notamment le film de Spielberg qui pourrait générer un Tintin pour notre temps.
L’ouvrage, bien écrit, est riche et stimulant, même s’il est permis au lecteur de n’être, au fond, d’accord sur rien avec l’auteur. De fait, les remarques que fait Apostolidès sur les spécificités présumées de l’œuvre hergéenne pourraient être faites pour nombre de bandes dessinées du XXe siècle, y compris mineures : la famille remplacée par une fraternité (les Katzenjammer Kids, Bob et Bobette, le Superman dans sa version des années 1950-1960), l’attention portée au développement de la science et de la technologie (Dick Tracy, le Spirou de Franquin), le voyage autour du monde comme motif narratif (le Donald de Barks, Bibi Fricotin, Modesty Blaise, etc.). Ce qui fait l’œuvre hergéenne, c’est sa forme singulière, qui lui permet précisément de synthétiser tous les types de la fiction populaire.
On sera sceptique en outre sur la « perpétuation » du mythe à travers un piètre film qui, plutôt que « les idéaux de la gauche américaine », enfile surtout les poncifs bien-pensants propres aux super-productions actuelles.
On peut, en somme, préférer laisser Tintin à sa place, celle d’un classique du XXe siècle.

MOEBIUS OU LES ERRANCES DU TRAIT
Daniel Pizzoli
PLG, 2013

PLG nous propose deux livres pour le prix d’un. Sur une centaine de pages, une analyse du dessin de Moebius par Daniel Pizzoli, claire et pédagogique, qui privilégie l’étude du tracé, mais examine aussi la question des sources et celle de la composition.
Sur plus de 50 pages en petits caractères, une impressionnante bibliographie de Moebius par Patrick Bouster, où ne manque ni une illustration dans la grande presse ni une sérigraphie, ni même un badge ou une médaille.


LITTÉRATURES DESSINÉES ET CENSURE
À propos de censure
CAPITAN MIKI (MIKI LE PETIT RANGER) DANS SA VERSION FRANÇAISE

[Lire]

ILS ONT ROGNÉ MA PLANCHE DOMINICALE
Le traitement infligé aux sunday pages de Russ Manning par les éditeurs français
Par Harry Morgan

[Lire]

II MANQUE UNE CASE À MON ILLUSTRÉ
Par Manuel Hirtz

S’il est de notoriété publique que les éditions LUG (Strange) firent subir aux comics de superhéros de la Marvel une censure drastique jusqu’aux années 1990, on sait moins que l’éditeur populaire lyonnais fit subir le même sort, de façon moins appuyée il est vrai, aux fumetti italiens qu’il publiait dans les petits formats Rodéo, Yuma, Ombrax, etc.

Nous illustrerons le phénomène avec le numéro 177 de la série Il Piccolo Ranger, titré « La Spia Messicana », texte de D. Canzio, dessin de F. Gamba, achevé d’imprimer en mai 1978, paru dans Yuma numéros 236, 237 et 238, datés respectivement de juin, juillet et août 1982. [Lire.]


LITTÉRATURES DESSINÉES ET CONTRAINTES TECHNIQUES

L'Art du scan malpropre
FANTOMIALD ET DARK SHADOWS

Par Harry Morgan

En cet été 2013, Disney Hachette Presse a publié deux Mickey Parade Géant, sans doute pour que les petits enfants de France aient de quoi lire dans le TGV à l'aller et au retour quand ils se rendent chez leur parent numéro 2. J'ai eu le plaisir de relire dans le tome intitulé Fantomiald le justicier masqué (Mickey Parade Géant Hors Série Collector, 2e trimestre 2013) le premier épisode de Fantomiald, dessiné par Giovan Battista Carpi sur scénario de Guido Martina, d'après une idée d'Elisa Penna, rédactrice en chef de Topolino, parution française originale dans Donald le justicier, Mickey Parade, Le Journal de Mickey n° 1166 bis, 2e trimestre 1974. [Lire]


OUVRAGES SUR LA BANDE DESSINÉE

LIVRES REÇUS
LES ILLUSTRÉS POUR LA JEUNESSE
LE ROCAMBOLE N° 52/53
, Association des Amis du Roman Populaire, automne-hiver 2010

Après une présentation des éditions Offenstadt, le gros du dossier est une chronologie descriptive par Jean-Louis Touchant de la revue L’Épatant, de plus de 150 pages en tout petits caractères, un travail remarquable, mais d’une lecture très austère, même pour l’amateur aguerri, d’autant que l’on conclut de tout cela que l’épine dorsale de L’Épatant était composée des bandes dessinées de Louis Forton et des romans feuilletons de José Moselli, ce dont on se doutait bien un peu.
Suit une hagiographie de La Semaine de Suzette, par son hagiographe attitrée, Marie-Anne Couderc, intéressante car cette revue est un peu négligée par la stripologie. Les revues Pilote et Vaillant/Pif Gadget ont par contre été abondamment traitées dans la littérature seconde et nos spécialiste, Raymond Perrin (pour Pilote) et Hosseïn Tengour (pour Vaillant/Pif Gadget), peinent quelque peu à trouver du neuf.
On trouvera aussi, en complément au dossier, une petite nomenclature très complète des super-héros américains publiés en France entre 1939 et 1949, et un article intéressant mais difficile à démêler sur la revue Siroco, qui ne contenait pas de bande dessinée.

LIVRES REÇUS
HERGÉ PORTRAIT INTIME DU PÈRE DE TINTIN
Benoît Mouchart, François Rivière
Robert Laffont, 2011

Nouvelle biographie d’Hergé, par deux auteurs qui ont décidé de faire plus court que leurs prédécesseurs, moins de 250 pages, ce qui nous donne une vie de Georges Remi dense et agréable à lire. Nos auteurs ont le mérite de se dégager autant qu’il est possible d’un jugement moral, souvent très présent chez les biographes. Hergé apparaît comme cohérent avec lui-même et avec son milieu social. Parmi les raisons de ses choix, discutables et discutés, le désir de revanche sociale est ici clairement mis en évidence.
Les auteurs ont voulu réestimer le rôle de la mère de Georges Remi, « femme fragile que la folie a fini par emporter ». Ils n’ont pas de mal à montrer que le motif de la folie est omniprésent dans l’œuvre d’Hergé. La petite-bourgeoise de cette époque croyant à l’hérédité de la folie, on imagine les angoisses d’Hergé pour lui-même. C’est probablement de cela que parle Hergé dans la lettre citée par Benoît Peeters dans sa biographie Hergé fils de Tintin, Flammarion 2002, p. 38, et non d’un supposé oncle pédophile, qui semble, lui, un peu trop conforme aux lubies de notre temps.
MM. Mouchart et Rivière, outre un point de vue sur l’homme, ont le mérite de porter un jugement clair sur l’œuvre, sachant dire ce qui leur semble digne d’admiration, et ne craignant pas d’écrire par exemple que Vol 714 pour Sydney et Tintin et les Picaros sont des albums ni faits ni à faire.
Ce livre, qui utilise les travaux biographiques qui l’ont précédé avec rigueur, marque probablement la fin d’un cycle. L’auteur qui voudra reprendre le flambeau de la biographie hergéenne devra soit proposer du neuf, et l’on se demande où il pourrait le trouver, soit proposer un changement de perspective radical.

LIVRES REÇUS
FUMETTO! 150 ANNI DI STORIE ITALIANE
A cura di Gianni Bono et Matteo Stefanelli
Rizzoli, 2012

De même format que L’Art de la bande dessinée, paru chez Citadelles, que Cases de maîtres, paru à La Martinière, ou que La bande dessinée, son histoire, ses maîtres, paru chez Skira/Flammarion, cet énorme album de plus de 500 pages, dirigé par Gianni Bono et Matteo Stefanelli, est rédigé par les meilleurs spécialistes cisalpins, et déborde d’une iconographie superbement reproduite, souvent en très grand format. L’ouvrage prend le parti d’une approche par auteurs, à l’intérieur d’un cadre historique, approche qui peut susciter la méfiance d’un lecteur français habitué à des dictionnaires d’auteurs qui sont des compilations sans propos véritable, mais qui dans le projet éditorial de Fumetto! se justifie pleinement.
La bande dessinée italienne est découpée en dix périodes, qui parfois se chevauchent. Pour chaque période, on trouve une histoire générale, suivie des fiche des auteurs saillants qui sont en réalité de petites monographies, qui complètent par conséquent le tableau historique.
L’illustration est au cœur du propos. Elle va de cases très agrandies à des reproductions systématiques des numéros un des principales publications. De cette façon, le lecteur a réellement une vision de ce que fut cette littérature, dont les spécificités éditoriales et esthétiques sont mises en évidence.
Le lecteur français devra naturellement tenir compte des particularités de la culture italienne (on distribue du « maestro » à tour de bras). Cela n’empêche nullement les auteurs de cerner les hiérarchies et de mettre en évidence les apports propres à chaque auteur.
Achevons sur deux critiques. Il nous semble d’abord que la place faite aux fumetti neri est quelque peu disproportionnée, mais un Italien en jugera sans doute autrement. Ensuite, quelques auteurs nous semblent manquer à l’appel, mais on sait bien qu’on ne peut pas « mettre tout le monde ». Auraient à notre avis mérité leur entrée Egidio Gherlizza (Serafino), Sergio Asteriti (Bingo Bongo), Guglielmo Letteri (Tex Willer).
À la fin de l’ouvrage on trouvera des articles brefs sur les rapports entre la bande dessinée et les autres domaines artistiques et des fiches sur les éditeurs et les personnalités. Et on achève sur les Italiens en Argentine, la bande dessinée italienne en France, les Italiens en Angleterre et dans le monde, les Disney made in Italy, par leur thuriféraire, Lucca Boschi.

LIVRES REÇUS
STAN LEE HOMÈRE DU XXe SIÈCLE
Jean-Marc Lainé
Les Moutons électriques, Bibliothèque des miroirs, 2013

Ouvrage consacré au père de la « maison aux idées ».
La première partie de l’ouvrage est un historique nourri à toutes les sources possibles de la carrière du « mage de l’ère Marvel ». Le lecteur attentif et lucide en conclura que Stan Lee fut dans les années 1940 et 1950 un des nombreux soutiers du comic book qui, sous la férule de Martin Goodman, réalisa moult comics books à l’imitation des succès du temps, love comics, funny animal, récits d’horreur dans la veine des EC Comics, etc. Puis Stan Lee fut, grâce à Jack Kirby et Steve Ditko, dans les années 1960, un très grand editor, sous l’égide duquel naquirent les Fantastic Four, Spider-Man, les X-Men, et nombre de personnages aujourd’hui connus de tous. Dans les années 1970, il géra le fonds Marvel bon an mal an. Puis, à partir des années 1980, Lee a produit à la paresseuse des comics, des romans et des produits télévisuels tous plus calamiteux les uns que les autres.
Dans la seconde partie de l’ouvrage, l’auteur revient sur ses pas et reprend les éléments qu’il a jugés périphériques, par exemple Millie the Model, ou The Cat, avant de détailler le travail d’editor et de décortiquer la fameuse méthode de production Marvel.
M. Lainé poursuit son étude de Stan Lee comme editor dans la troisième partie où in fine il analyse le Surfer d’argent, en qui il voit une préfiguration du comic book moderne à visée philosophique. L’auteur accorde une très grande importance au fait que les aventures du héraut cosmique sont faiblement liées à la continuité et de la chronologie de l’univers Marvel, sans que l’on comprenne très bien l’enjeu de la chose, sauf à titre de sujet de conversation de fans.
Dans la quatrième partie, M. Lainé étudie les apparitions de Stan Lee à l’intérieur des bandes dessinées.
Enfin, dans la cinquième et dernière partie,  « thèmes et discours », l’auteur cherche le propos général des séries de Stan Lee, mais ne trouve rien de saillant. Éloge de l’individualité et de la responsabilité (« de grands pouvoirs donnent de grandes responsabilités »), méfiance envers le communautarisme, attitude ambivalente vis-à-vis de la science, force est de conclure que les points de vue de Stan Lee sont ceux des Américains de sa génération.
La difficulté principale de l’auteur semble avoir été d’unifier le point de vue du jeune fan qu’il a été, pour qui Stan Lee est un démiurge, créateur d’univers (l’Homère du XXe siècle annoncé dans le sous-titre), et le point de vue de l’historien rassis qu’il est devenu, qui porte un regard plus lucide sur son objet d’étude. M. Lainé signale ainsi comme en passant que « le travail de Stan Lee sur les premiers numéros des Fantastic Four est peut-être plus éditorial que littéraire », mais il n’arrive jamais à conclure clairement sur la position autoriale de Jack Kirby. C’est d’autant plus regrettable que l’importance du travail de l’editor est, elle, bien cernée.
On regrettera la tendance de Jean-Marc Lainé à l’énumération et à la digression.

LIVRES REÇUS
ENTRETIENS AVEC JOANN SFAR
Thierry Groensteen
Les impressions nouvelles, 2013

Luxueusement imprimé en couleur et muni d'une iconographie surabondante, ce livre d'entretiens propose une exploration méthodique de la personnalité et de la méthode du terrible graphomane qu'est l'auteur du Chat du rabbin. Si le plaisir du dessin est toujours au centre du propos, l'hyperactivité de l'auteur est aussi expliquée par des raisons biographiques (la mort de la mère). Sfar émerge finalement comme un personnage complexe. Favori des médias, passant de la bande dessinée au cinéma ou au roman avec la bénédiction de tous (alors qu'un auteur est normalement sévèrement tancé quand il sort de la case qui lui est assignée), Sfar est aussi en coquetterie avec le système médiatique qui l'adule et avec les bien-pensants qui constituent son lectorat (il est anticlérical, pense que l'activisme antiraciste de la LICRA est contre-productif, est sans aucune illusion sur l'islam, regrette avec un célèbre philosophe aujourd'hui défunt que « les journalistes aient pris le pouvoir »).

[Afficher toutes les miscellanées stripologiques de l'année 2012] THÉÂTRE POPULAIRE ET IMAGERIE NAÏVE : LES INDES NOIRES, ORTF, 1964, LE SECRET DE WILHELM STORITZ, ORTF, 1967, MAÎTRE ZACHARIUS, ORTF, 1973. - DE WILLIAM HOGARTH À VAL LEWTON : LA SEPTIÈME VICTIME DANS LA HUITIÈME GRAVURE : BEDLAM (RKO, 1946). - ENTRE LA PLÈBE ET L'ÉLITE, Jean-Noël Lafargue, Les Ateliers Perrousseaux, 2012. - LA BANDE DESSINÉE : UNE MÉDIACULTURE, Sous la direction d’Éric Maigret et Matteo Stefanelli, Armand Colin/Ina édition, février 2012. - PREMIÈRES CHALEURS, JEAN-PHILIPPE PEYRAUD, CASTERMAN, 2012. - LE CHANT D'APOLLON, APOLLO NO UTA, Osamu Tezuka, Dargaud, Kana, 2012. - NAOKI URASAWA : L'AIR DU TEMPS, Alexis Orsini, Les Moutons électriques, Bibliothèque des miroirs, 2012. - IL MANQUE UNE CASE À MON ILLUSTRÉ. - MON CAMARADE, VAILLANT, PIF, L'HISTOIRE COMPLÈTE 1901-1994, Richard Medioni, Vaillant Collector 2012. - L’ART DE LA BANDE DESSINÉE, Sous la direction de Pascal Ory, Laurent Martin Sylvain Venayre et jean-pierre Mercier avec Thierry Groensteen, Xavier Lapray, et benoit Peeters, Citadelles et Mazenod, 2012.

[Afficher toutes les miscellanées stripologiques de l'année 2011] - LA BANDE DESSINÉE ET SON DOUBLE, Jean-Christophe Menu, L'Association 2010. - DADA : LA BANDE DESSINÉE UN 9e ART
Éditions Arola/Cité internationale de la bande dessinée, s. d., 2011. - COMPOSITIONS DE LA BANDE DESSINÉE, Renaud Chavanne, PLG, collection Mémoire vive, 2011. - HISTOIRE DE LA BANDE DESSINÉE POUR DÉBUTANTS, Frédéric Duprat, Qidesign, 2011. - LECTURES DE DAVID B., Jean-Marc Pontier, PLG, 2011. - BANANAS n° 3, REVUE CRITIQUE DE BANDE DESSINÉE. - NEUVIÈME ART EN LIGNE. - UNE INFLUENCE D'EDGAR WALLACE SUR L'ÎLE NOIRE. - UNE BELLE ÉTUDE DE CONTENU. - LE MOTIF DU SOSIE DANS A TALE OF TWO CITIES. - LE FANTÔME ET LE RÉFLECTEUR, THE INNOCENTS DE JACK CLAYTON. - FRANK MILLER : URBAINE TRAGÉDIE, Jean-Marc Lainé, Les Moutons électriques, Bibliothèque des miroirs, 2011. - MYTHE ET SUPER-HÉROS, Alex Nikolavitch, Les Moutons électriques, Bibliothèque des miroirs, 2011. - COMIC : INTERMEDIALITÄT UND LEGITIMITÄT EINES POPKULTURELLEN MEDIUMS, Thomas Becker (HG.), Ch. A. Bachmann Verlag, 2011. - GRANT MORRISON (R)ÉVOLUTIONS, Yann Graf, Les Moutons électriques, Bibliothèque des miroirs, 2011. - LE PETIT LIVRE BLEU, ANALYSE CRITIQUE ET POLITIQUE DE LA SOCIÉTÉ DES SCHTROUMPFS, Antoine Buéno, Hors Collection, 2011. - LE ROMANCIER COMME VOYANT ET COMME FANTÔME. - KAMI ET MECHA : IMAGINAIRE JAPONAIS, Yellow Submarine n° 135, 2011. - DICTIONNAIRE DES LIVRES ET JOURNAUX INTERDITS, 2e ÉDITION, Bernard Joubert, Cercle de la Librairie, 2011. - BANDE DESSINÉE ET NARRATION, Système de la bande dessinée 2, Thierry Groensteen, PUF collection Formes sémiotiques, 2011. - LA CRYPTE TONIQUE, Le magazine du magasin , n° 0 sept-ct. 2011, n° 1 nov. déc. 2011. - AU COIN DE MA MÉMOIRE, Francis Groux, PLG, collection Mémoire Vive, 2011. - L'ASSOCIATION : UNE UTOPIE ÉDITORIALE ET ESTHÉTIQUE, Sous la direction d’Erwin Dejasse, Tanguy Habrand et Gert Meesters, Les Impressions nouvelles, 2011. - MA VIE MANGA, Osamu Tezuka, Kana, 2011. - ALAN MOORE UNE BIOGRAPHIE ILLUSTRÉE, Gary Spencer Millidge, Huginn & Muninn/Dargaud, 2011. - DEUX ADAPTATIONS TÉLÉVISUELLES DE CHARLES DICKENS. - SUPER-HÉROS LA PUISANCE DES MASQUES, Jean-Marc Lainé Les Moutons électriques, Bibliothèque des miroirs, 2011. - STEVE DITKO L'ARTISTE AUX MASQUES, Tristan Lapoussière, Les Moutons électriques, Bibliothèque des miroirs, 2011. - BANANAS n° 4, Éditions Bananas BD, février 2012. - BEAUX ARTS HORS-SÉRIE HUMOUR & BD, Beaux Arts magazine, TTM éditions, s. d., dépôt légal décembre 2011.

[Afficher toutes les miscellanées stripologiques de l'année 2010] ENFANCE DE L'ART ET ART DE L'ENFANCE (en marge du colloque Bande dessinée un art sans mémoire ? Paris XIII, juin 2010). - BINKY BROWN RENCONTRE LA SAINTE VIERGE DE JUSTIN GREEN. - PULPITUDE, SENSATIONNALISME ET IMAGE. - L'IMAGE EST TOUJOURS VIOLENTE. - L'ANIMATION JAPONAISE DU ROULEAU PEINT AUX POKÊMON, Brigitte Koyama-Richard, Flammarion, 2010. - DANS LA PEAU DE TINTIN, Jean-Marie Apostolidès, Les Impressions nouvelles, collection Réflexions faites, 2012. - ALAN MOORE : TISSER L'INVISIBLE, Sous la direction de Julien Bétan, Les Moutons électriques, collection Bibliothèque des miroirs, 2010. - POUR UN REGARD-MONDE
Armand Mattelart, Entretiens avec Michel Sénécal , La Découverte, 2010. - NOTES SUR LE RÉCITATIF JACOBSIEN. - CENT CASES DE MAÎTRES, Gilles Ciment & Thierry Groensteen, La Martinière, 2010. - PARODIES : LA BANDE DESSINÉE AU SECOND DEGRÉ, Thierry Groensteen, Le Musée de la bande dessinée/Skira Flammarion, 2010. - MANGA : HISTOIRE ET UNIVERS DE LA BANDE DESSINÉE JAPONAISE, Jean-Marie Bouissou, Philipe Picquier, 2010.

MISCELLANÉES ARTISTIQUES ET MONDAINES
Romans et nouvelles - littératures filmiques et télévisuelles - graphic design



LES GRANDS FILMS DE DARIO ARGENTO
SUSPIRIA (1977), INFERNO (1980)

[Lire]


LES GRANDS FILMS D'ALFRED HITCHCOCK
THE LODGER (1927)

[lire]


LE BAS MONDE
APOCALYPSE DE L'ANGE GABRIEL

Or de toute mes visions, Azraël, celle-ci fut la plus étrange. Pour commencer, tout le monde est installé sur d'énormes boules. [Lire]


LE BAS MONDE
LE GÉROPOGON

Le Capitaine-Général Frango Politica prit le pouvoir à la fin des années 1930, après un putsch et une guerre civile qui avaient fait crever la moitié de la population du Géropogon. Il acheva de ruiner le pays sous une dictature bêtasse, calotine et cynégétique. [Lire]


LE BAS MONDE
UNE VICTIME DE LA SOCIÉTÉ

Serge a une formation de correcteur d’imprimerie, mais il ne sait pas lire. C’est naturellement un très lourd handicap professionnel et social. On mesure ici le poids des inégalités et on voit aussi comment notre société, qui se prétend si avancée, reproduit les inégalités et enferme les pauvres dans leur destin social. [Lire]


LE BAS MONDE
CHRONIQUE DE L'ÈRE MAGNÉTIQUE

On constata un matin que le champ magnétique terrestre fluctuait de façon imprévisible. Les oiseaux migrateurs, qui volaient vers l’hémisphère boréal, s’égarèrent. Le trafic aérien et maritime devint chaotique. On perdit des satellites. Puis les boussoles se mirent à pointer obstinément au sud. Les savants éberlués conclurent qu’on venait d’assister à une inversion du champ magnétique terrrestre. La dernière s’était produite au moment où homo erectus commençait à forger des outils, il y avait 800 000 ans.
Les médias consacrèrent au phénomène des dizaines d’heures d’émission et des cahiers entiers de journaux, jusqu’à ce que les populations se déclarassent incapables de lire ou d’entendre un mot de plus sur l’inversion du champ magnétique. Heureusement, un tsunami en Asie et des attaques terroristes en Europe vinrent offrir de nouveaux sujets aux hommes de l’art. Les économistes chiffrèrent les dégâts de l’inversion magnétique et la vie reprit son cours.
Cependant il y eut, aussitôt après l’inversion du champ magnétique, une série d’éruptions solaires qui achevèrent de troubler les télécommunications. Comme c’est la magnétosphère qui protège les terriens des tempêtes électriques venues du soleil, et que le champ magnétique terrestre venait de donner des signes d’intermittence, le public ressentit à nouveau de l’inquiétude. Les éruptions solaires baissèrent et tout rentra à nouveau dans l’ordre.
Hélas ! les bouleversements que tous ces signes présageaient n’allaient pas tarder.
[Lire]


LE BAS MONDE
VOYAGE EN SAVONIE

En Savonie, le souci de la propreté s’explique à la fois par la nécessité de se débarrasser de l’omniprésente poussière de charbon, et par l’abondance de l’eau chaude, car il n’est pas un foyer où la bouilloire ne soit en permanence sur l’âtre, au cas où l’on voudrait prendre le thé. [Lire]


LE BAS MONDE
UN SAVANT MÉCONNU

« J’ai commencé, expliqua le savant, par une Critique de la géométrie euclidienne et j’ai formulé ma loi de progression infinie du nombre π... » [Lire]


LE BAS MONDE
UN EXEMPLE RÉUSSI DE VIVRE-ENSEMBLE : LE COMPLEXE SOUTERRAIN D'APFELKOPF-MITARBEIT

Ton numéro est important. Il est vraiment très important, parce que c’est lui qui te donne accès à tous les services sociaux, la nourriture, le logement, les soins dentaires et le reste. Comme tu risquerais de le perdre, le mieux est qu’on l’écrive sur ton bras. [Lire]

CINÉMA FRANÇAIS
LES GRANDS FILMS D'HENRI-GEORGES CLOUZOT

Visionnage de plusieurs films d’Henri-Georges Clouzot, cinéaste que je n’avais pratiqué que par morceaux. Le corbeau (1943) est très au-dessous de sa réputation. [Lire]


UNE AVENTURE DE PEGGY AYSCOUGH ET DE LA CLASSE DE TROISIÈME DE CLIFFTOP SCHOOL

HORREUR AU HOUMFORT
(THE HORROR AT THE HOUNFOUR )
Par Marjorie Kinnaird
Traduit de l'anglais (Royaume-Uni)
par Harry Morgan

« Non, répondit Devereux d’une voix suave, je suis docteur en médecine. Mais en réalité, j’ai une double casquette. Je suis neurologue et mystagogue. On peut aussi appeler cela parent-psychologue. Je suis, si vous voulez, à la fois parent et psychologue. »

Les filles de troisième de Clifftop School menaient un débat sur la théologie, qui était l’un de leurs sujets de conversation favoris. Elles devaient faire dès le mardi suivant un exposé devant leurs camarades sur la situation de la religion face aux avancées de la science, mais, pour l’heure, pleines de leurs lectures et de leurs réflexions, elles bavardaient à bâtons rompus, un peu en marge de leur sujet.
« Au fond, dit Mabel Cholmondeley, en toute logique, toutes les religions sont vraies.
— Elles ne peuvent pas être vraies simultanément, objecta la savante Augusta Meiklejohn, puisqu’elles sont mutuellement antagonistes. Par exemple, Jésus ne peut pas être à la fois le fils de Dieu mort sur la croix pour le rachat des hommes, comme le croient les chrétiens, et être un prophète de l’islam qui n’est pas mort sur la croix, comme sont tenus de le croire les mahométans.
— Mais si, insista Mabel. Dans mon hypothèse, puisque Dieu est infiniment bon, il voudrait forcément faire plaisir aux croyants de toutes les religions... D’ailleurs il ne pourrait en être autrement, car il ne pourrait damner des gens qui n’auraient eu le tort que de naître avant qu’il y ait un christianisme. Donc il aurait forcément créé un paradis gréco-romain, pour les païens...

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LES HANTISES
(The House and the Blood)
Par Marjorie Kinnaird
Traduit de l'anglais (Royaume-Uni)
par Harry Morgan

« Il est plus tard que vous ne pensez, Miss », susurra Ilario Salivar.

« Si nous allions déjeuner à l’auberge des vampires ? proposa Peggy Ayscough ayant fermé la porte de l’étude de troisième.
— Tu es folle, répliqua la sage Mabel Cholmondeley en posant sur son bureau les cahiers des cours de ce jeudi matin. Veux-tu nous faire tuer ?
— Mais voyons, protesta l’aventureuse Peggy, soucieuse d’utiliser au mieux leur après-midi de liberté, en plein jour il n’y a aucun danger. Il suffit de penser à rentrer avant le crépuscule. [Lire]

NOUVELLE
LES INTRUS

(The Interrupted Story)
Par Marjorie Kinnaird
Traduit de l'anglais (Royaume-Uni)
par Harry Morgan

« Écoutez-moi, toutes, commanda
Marjorie en sautant de la petite table
où elle était assise, pour capter
l’attention générale. Avez-vous
un souvenir antérieur au début de
cette journée ?

[Lire.]


NOUVELLE
LA MACHINE À RÉTRÉCIR LA LITTÉRATURE

(The Machine that Shrank Fiction)
Par Marjorie Kinnaird
Traduit de l'anglais (Royaume-Uni)
par Harry Morgan

« Bon, voilà du nouveau, dit Clara Begehot en entrant. Nous sommes interdites de substantifs. »

[Lire.]


ANNALES DU GRAPHIC DESIGN
L'âge du désastre
LES PENGUIN BOOKS ET LA CATASTROPHE DES ANNÉES 1970

Les vieux Penguin Books que j’achète avec tant d’assiduité pour quelques pounds témoignent éloquemment de la rupture que représente, dans les arts graphiques comme ailleurs, le début des années 1970, et de l'anomie qui en résulte.


CINÉMA FANTASTIQUE
LES GRANDES HEURES DE LA HAMMER
LA DRACULADE

Francula ou Drakenstein — l’hésitation entre les deux mythes et et la polyvalence du personnage joué par Peter Cushing donnent leur physionomie au cinéma de la Hammer


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PROCHAINEMENT
LA MARSEILLAISE VERTE
Grand roman d'aventures, patriotique, planétaire et spirite
Par le major Quinard

Qu’est-ce que la Marseillaise verte ? Est-ce l’hymne guerrier du belliqueux apostolat de Mahomet, composé et harmonisé en secret par la Wilhelmstraße, afin de soulever contre la malheureuse France les hordes innombrables du mahométanisme ? La Marseillaise verte est-elle, sous l'anodin déguisement d’un anisé provençal, la terrible fée verte, l’absinthe, suc infernal ravageant les cervelles les plus fertiles de notre société — celles des poètes, des députés radical-socialistes et des capitaines d’industrie — afin de précipiter notre chute ? La Marseillaise verte désigne-t-elle cette mystérieuse femme verte, avec qui des savants correspondaient par radiogrammes, qui disait habiter la planète Mars, et que des témoins dignes de foi prétendent avoir aperçue cours Belsunce ?

Ruta Baga, l'espionne de la Wihelmstraße

Alasdair Trumpet, de l'Intelligence Service, l'homme à l'oreille à l'envers

Les classiques de l'Adamantine
WHITMAN ET FERLINGHETTI AU COUVENT
[Lire]

LA UNE DE L'ADAMANTINE
L'ADAMANTINE STRIPOLOGIQUE
L'ADAMANTINE LITTÉRAIRE ET POPULAIRE
L'ADAMANTINE ARTISTIQUE ET MONDAIN
L'ADAMANTINE EN ESTAMPES
L'ADAMANTINE STIRPOLOGIQUE
Je ne comprends rien à toutes ces salades stripologiques, littéraires, mondaines et autres. Je veux un sommaire.

PUBLICATION
EN LIGNE

Nous mettons en ligne un e-book au format pdf sur les crises imagières liées aux caricatures de Mahomet.
(cliquez sur l'image)

La Manif pour tous à l'assaut du pouvoir
Réflexions sur la vérité
en système médiatique
À propos d'un film de
Nicolas Vescovacci,
Raphael Tresanini
et Jean-Christophe Marcot

26 mai 2014. — Sur Canal+, documentaire télévisé sur La Manif pour tous (décrite comme une « nébuleuse radicalisée à l’assaut du pouvoir »), de Nicolas Vescovacci, Raphael Tresanini et Jean-Christophe Marcot, produit par la société KM. Les premiers mots en sont : « Pour Clémence et Arthur, la messe du dimanche, c’est sacré. » C’est-à-dire que la première phrase du documentaire atteste la fracture entre la France d’avant, la France chrétienne (celle de Clémence et Arthur), et celle de nos journalistes, défenseurs de l'actuel régime, qui ne possèdent pas le concept de sacré, pour qui « c’est sacré » signifie « à quoi l’on tient par dessus tout » (« la sieste, c’est sacrée »), et qui ne voient donc pas le ridicule et l’incongruité qu’il y a à utiliser une telle formule à propos d’une cérémonie qui est réellement sacrée, au sens propre du mot, puisque l’eucharistie est... un sacrement.
J’ai regardé avec curiosité ce documenteur en cherchant à comprendre comment c’était fait. Ce n’est pas très brillant, mais c’est, je suppose, efficace pour un spectateur de Canal+, parce que cela fait fond sur ses préjugés. [Lire]

L'opération de lutte
contre le sexisme
Ce que soulève la jupe
réflexions sur
le militantisme
en milieu scolaire

Interpelé mercredi 14 mai 2014 par la députée UMP de l'Orne, Véronique Louwagie, lors des questions orales au gouvernement, sur l’invitation adressée aux lycéens des deux sexes de 27 établissements de l’académie de Nantes de venir au lycée en jupe, dans le cadre de l’action de lutte contre le sexisme intitulée Ce que soulève la jupe (action reconduite pour la deuxième année), le ministre de l’Éducation nationale a nié purement et simplement l’existence d’une telle opération et a accusé les militants de la Manif pour tous de manipulation. [Lire]

La censure
des caricatures
de Plantu
réflexions sur
les dessins de cul
réalisés par des faux-culs

Au mois de mai 2014, les médias français rendaient compte de la censure d'un dessin de Plantu par les très calotines éditions Bayard. Les Augustins de l'Assomption avaient eu l'idée de publier un ouvrage de l'association Cartooning for Peace, ouvrage coordonné par Jean Plantureux, dit Plantu, fondateur de l'association. S'étant rendu compte que l'ouvrage comportait un vieux dessin de Plantu montrant le pape Benoît XVI sodomisant un enfant de chœur, la maison d'édition catholique eut des regrets. Les 8.000 exemplaires imprimés partirent au pilon. [Lire]

La vente blasphématoire
des katsinam à Drouot
réflexions sur l'iconophobie religieuse

Le neuf décembre 2013, eut lieu la vente aux enchères de katsinam des indiens Hopi à Drouot, poupées et masques mélangés, pour la maison de vente Eve. La vente des masques est considérée comme blasphématoire par les Amérindiens, et les Hopi tentèrent, mais en vain, de la faire interdire en référé. Il y avait déjà eu une vente chez Drouot en avril, pour la maison Néret-Minet, également contestée par les Amérindiens, soutenus par l’ambassade des États-Unis. Cependant, en un coup de théâtre, il apparut que, dans la vente de décembre, les masques avaient été achetés par une fondation qui avait dessein de les rendre aux Hopi. [Lire]

MISCELLANÉES LITTÉRAIRES ET POPULAIRES.
Roman populaire - vieille anticipation - journal de Harry Morgan - littératures peintes


EXTRAITS DU JOURNAL DE HARRY MORGAN 2015
DÉVASTATION, TUERIE, EFFROI & SIDÉRATION
Aventures dans une théocratie.

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ROMAN POPULAIRE
Fabrice Bourland
Hollywood Monsters
10/18, collection grands détectives, 2015

Sixième tome des aventures d’Andrew Singleton et James Trelawney, les « détectives de l’étrange » de Fabrice Bourland. Nous sommes en 1938, le duo d’investigateurs londoniens est en vacances à Hollywood, capitale du cinéma, où l’on tourne Le Fils de Frankenstein et Le Magicien d’Oz. En rentrant en auto d’un concours de bienfaisance organisé par l’actrice Dorothy Lamour, Singleton et Trelawney se perdent dans l’épaisseur d’un brouillard nocturne. Soudain un homme sorti de nulle part manque de se faire renverser par leur voiture. À la lueur des phares, ils constatent que le quidam est recouvert d’une épaisse fourrure, semblable à celle d’un loup. Le lendemain nos héros apprennent par la presse que non loin de l’endroit de leur étrange rencontre une jeune femme a été sauvagement égorgée. L’enquête peut commencer.
Le roman de Bourland est une promenade référentielle dans l’Amérique de la fin des années 1930 — l’Amérique rêvée, car le contenu du cinéma hollywoodien classique débouche in toto dans la réalité. Ce sont les films fantastiques de la Universal qui tiennent le devant de la scène, mais on retrouve aussi les détectives hard-boiled du film noir, qui contrastent drôlement avec nos Holmes et Watson sortis des brouillards de l’Angleterre victorienne et de la métapsychique. L’auteur se plait aussi à mettre au jour des aspects oubliés de l’histoire américaine telles les législations eugénistes votées au début du siècle dans quatre États, dont la Californie.
Cependant le sérieux de la documentation et le jeux des références ne sont qu’un tremplin pour une intrigue des plus échevelées qui lorgne vers les aventures de Harry Dickson, mais qui, au lieu que de se situer dans cet étrange temps mêlé qui était propre à Jean Ray, s’inscrit dans un temps historique précis, dont la folie annonce les tragiques événements à venir, et qui n'est pas sans rappeler notre propre époque.

EXTRAITS DU JOURNAL DE HARRY MORGAN 2015
DÉVASTATION, TUERIE, EFFROI & SIDÉRATION
Aventures dans une théocratie.

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Les entrées sont publiées à la file, veuillez dérouler.

2 janvier. — « Farfugliando in arabo frasi del Corano », un Marocain armé d’une barre de fer a tout cassé, autel, statues, bancs, dans une église de la province de Trente. Cet arabe bafouillant des versets du Coran est certainement fou. Mais beaucoup de fous qui frappent ensemble, cela produit le même résultat qu’une armée de conquérants qui mettent à sac les monuments de la civilisation qu’ils viennent de conquérir.

7 janvier. — Il faudra donc retenir de la biographie de Wolinski, de Cabu, de Charb, de Tignous, d’Honoré, qu’ils sont morts sous les balles des tueurs. Cela ressemble à un mauvais roman — par exemple au dernier roman de Houellebecq qu’on lance en ce moment, comme on lance une marque de détergent. La France est une république islamique. Les dessinateurs et les écrivains mal-pensants ont été assassinés par des petits délinquants musulmans passés à l’islamisme radical.
Je me demandais combien de temps il faudrait aux médias pour cette fois encore retourner la réalité comme on retourne un gant, et pour raconter que les musulmans sont les victimes, comme si c’étaient les dessinateurs qui avaient exécuté les moudjahidin. Mais ma question était sans objet, puisque les mises en garde contre « l’amalgame » ont été formulées d’emblée, à l’intérieur (Nicolas Sarkozy) comme à l’extérieur (le dictateur turc Erdogan). Et à mesure que passaient les heures, il n’a plus été question que des « véritables » victimes. — Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman, a parlé d’« un coup porté à l'ensemble des musulmans », et Laurent Joffrin, directeur de la publication de Libération, a noté que les terroristes avaient visé « la gauche “droit-de l’hommiste” », comme si Charlie avait été frappé parce qu’il soutenait le Réseau éducation sans frontière, ou parce qu’il brocardait madame Le Pen, et non parce qu’il publiait des caricatures de Mahomet et des islamistes.
Les journalistes de presse écrite se sont dévoilés d’une autre façon, l’urgence empêchant le judicieux usage du correcteur orthographique. Ces grandes consciences sont à peu près complètement analphabètes. J’ai lu plusieurs fois « l’hebdomadaire satyrique ».

8 janvier. — Depuis vingt quatre heures, impression d’avoir passé une porte et de me retrouver dans un univers parallèle, comme dans un roman d’A. E. Van Vogt ou de P. K. Dick. Dans cet univers, où la France est dominée par l’islam, la prise de pouvoir s’est faite presque sans violence. On a quand même liquidé à la kalachnikov les vieux caricaturistes de Charlie Hebdo parce que, dans un tel monde, il n’y a pas de caricatures, ni d’ailleurs aucune activité littéraire ou artistique, ni même de prise de parole publique autre que la glorification apeurée de l’islam.

9 janvier. — Ce qui me frappe le plus dans les réactions aux assassinats, qu’on soit « pour » ou « contre » Charlie, c’est que personne ne fasse la moindre allusion ni à l’humour, ni au dessin — ni par conséquent à leur combinaison, l’humour graphique. La notion même semble avoir disparu. La désignation la plus courante des productions graphiques de Charlie est celle de « provocations » et chacun interprète ces provocations selon son logiciel, soit pour dire qu’« on a le droit » (la publication de Charlie Hebdo faisant office d’un thermomètre à mesurer le degré de liberté du débat public), soit pour les dénoncer.
Deux réactions remarquables. Premièrement, Libération explique que « l’attentat contre Charlie Hebdo a la sale gueule de Renaud Camus, d’Eric Zemmour et de Marine Le Pen. Il a la sale gueule de leur victoire idéologique. » Ce que la phrase suivante justifie ainsi : « Partout, ce sont leurs mots, leurs images, leurs fantasmes, leurs prédictions, qui résonnent sur l’air goguenard du on-vous-l’avait-bien-dit. » Traduction : ces salauds avaient le toupet d’avoir raison. Et naturellement, l’article est pour dire que les salauds qui ont eu raison sont les véritables adversaires. (« Cette société, si forte et si vulnérable, nous devons la défendre, contre l’islam radical et assassin bien sûr, mais finalement surtout contre ses ennemis les plus pressants et les plus réels. »)
Deuxièmement, sur TF1, Jeannette Bougrab déclare que Charb vivait avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête : « Quand vous recevez des messages de haine sur internet, de manière anonyme bien évidemment. Ou quand sur Twitter... Il faut savoir que tout le monde s’unit autour de Charlie Hebdo mais qu’il y a encore quelques semaines on les accusait d’être islamphobes, on les accusait d’être racistes. Ils étaient obligés de faire appel à la générosité des lecteurs pour pouvoir survivre. On leur a attribué des Ya Bon Awards [le prix citron décerné par l’association de Rokhaya Diallo]. On les a stigmatisés en leur disant que c’étaient eux les racistes, on les a pointés du doigt pour les faire assassiner. »

10 janvier. — D’après des remontées d’enseignants, les petits garçons des collèges pensent qu’il n’y a qu’un dessinateur ayant fait des caricatures de Mahomet, dessinateur qu’ils appellent Charlie, trompés par la consonance avec le nom de Charb, et trompés aussi par les pancartes « je suis Charlie » qu’affichent les bien-pensants. Les plus raisonnables, dans leur logique d'enfants, trouvent qu’on aurait dû tuer le dessinateur Charlie, puisqu’il a offensé le prophète, mais pas les autres personnes présentes au journal.

11 janvier. — Défilé à Strasbourg. Random ripples of applause, la foule s’applaudissant elle-même.
Les médias estiment les manifestants à 45000. Mon propre comptage (parcours de trois kilomètres, foule très clairsemée) n’arrive pas à la moitié de ce nombre. C’est donc la même fine plaisanterie que pour les Manifs pour tous, mais inversée. Comme le régime espère évidemment faire fond sur l’unité nationale, il exagère le nombre de manifestants. En ce qui me concerne, je n’ai aucunement eu l’intention en marchant de soutenir le gouvernement de M. Valls.
La morale de l’affaire, c’est peut-être le terroriste Coulibaly qui la tire, puisque ce monsieur, dont on a pu enregistrer les propos grâce à un téléphone mal raccroché, explique qu’on fait l’amalgame et qu’on traite très injustement les islamistes de terroristes, alors que l’islam est par nature pacifique. Coulibaly tient donc le même discours, mot à mot, que M. Hollande ou que M. Valls. La différence, c’est que Coulibaly explique ces choses-là à ses otages de l’épicerie kasher après qu’il a tué quatre juifs.

12 janvier. — Le pouvoir déploie l’armée sur le territoire.
Tout à l’heure, coupure de courant. Plus de téléphone. Petites réflexions. J’ai un poêle à bois, des bougies, des réserves alimentaires, je vis à la campagne, où la nourriture est abondante et facile à obtenir. J’ai même un onduleur qui doit fournir une dizaine d’heures de courant à mon petit ordinateur, après quoi, naturellement, je repasse au cahier manuscrit.
Ce que nous vivons est sans relation avec ce que décrivent les médias (laïcité vs. communautarisme, islam vs. islamisme, etc.). Il faudrait, pour en rendre compte exactement, un G. K. Chesterton, ou un très bon romancier populaire écrivant pour Argosy ou Adventure. Des bédouins primitifs et pervers, rendus richissimes par la rente pétrolière, ont inoculé à l’occident une version intégraliste de leur religion, dans le but de devenir les maîtres du monde, quitte à changer la terre en un champ de ruines. Des gouvernements faibles et corrompus les ont laissé faire.
À propos des bédouins primitifs et pervers, réentendu samedi, à l’émission Concordance des temps, les célèbres propos du journaliste André Falk, au micro de Lucien Renaud en 1957  : « J’ai l’impression d’avoir vu des barons d’Hugues Capet qui descendaient de leurs chars à bœufs pour monter dans une cadillac 1957, ou d’avoir vu Clovis qui se préparait à s’en aller à Washington discuter en dollars le statut légal d’une base de bombardiers atomiques, ou un roi fainéant qui commandait par téléphone de couper le poing d’un voleur, tout cela grâce aux derniers progrès d’une technique vraiment très au point, qui est enviable même pour les Américains qui sont sur place et dont les plus modestes n’auraient certainement pas l’occasion aux États-Unis de jouir d’un confort comparable. Mais tout cela greffé, plaqué, absurdement greffé sur une terre de haute barbarie, des pistes du haut moyen-âge dont on soulève la poussière en cadillacs rubicondes et climatisées, mais qui tout de même sont encore les pistes où les potentats actuels lorsqu’ils étaient jeunes couraient le désert sur des chameaux galeux et s’entre-tuaient pour une peau de bique ou une flaque d’eau boueuse. Vous n’ignorez pas que l’Arabie où ne poussaient jusqu’à 1938 que des poux et des dattes et des enfants rachitiques a eu le pactole, la providence du pétrole, qui aux dernières nouvelles lui rapporte 300 millions de dollars par an. »

13 janvier. — La palme du pharisaïsme, sans doute revient-elle au Guardian qui, en date du 8 janvier, justifiait ainsi son refus de reproduire des caricatures de Mahomet : « Other publications can defend – and defend absolutely – the necessary diversity of press voices along with an editor’s right to offend. But the best response is not to be forced to speak in a different voice. The Guardian felt that at the time of the 2005 Danish cartoons controversy, and we feel it now. As Simon Jenkins argued on these pages on Wednesday, terrorists’ chief goal is to make us change our behaviour. It’s best to deny them that victory. » Bref, c’est pour ne pas céder aux terroristes qu’on choisit de ne pas publier les caricatures. Je ne sais pas ce que les lecteurs de cette ancienne feuille travailliste ont pensé de ce raisonnement.
Quant à la palme du courage, elle va au maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb qui, le 7 janvier 2015, s’adressant à ses coreligionnaires hostiles aux caricatures, déclara : « In hemelsnaam, pak je koffer en vertrek. Er is misschien een plek in de wereld waar je tot je recht kunt komen. Ga niet onschuldige journalisten ombrengen, dat is zo verachtelijk. Verdwijn als je in Nederland je plek niet kunt vinden. (...) Als je het niet ziet zitten dat humoristen een krantje maken, ja... mag ik het zo zeggen: rot toch op! »

14 janvier. — Les blogs recyclent un sondage paru dans Le Monde, il y a tout juste deux ans, et censé démontrer la montée de l’intolérance religieuse chez les affreux Français, incorrigiblement « racistes » et « islamophobes », mais qui, pour un esprit scientifique, prend un tout autre sens. Il faut en effet, dans l’analyse d’un sondage, examiner les aspérités et non considérer les plages colorées comme une vache contemple un paysage. Ainsi, le fait que les électeurs, tous partis confondus, trouvent majoritairement l’islam incompatible avec la société française, n’a pas d’intérêt particulier (et du reste le chiffre des sceptiques n’a pas bougé depuis vingt ans). L’information pertinente est, tout au contraire, l’anomalie des électeurs socialistes et des électeurs du Front de gauche, qui sont une forte minorité à trouver les deux ordres, français et islamique, parfaitement compatibles ; et les socialistes sont plus islamolâtres que leurs voisins d’extrême gauche.
Même aspérité en ce qui concerne le catholicisme, une minorité significative des deux partis de gauche jugeant incompatibles le christianisme et la société qui en est issue ; ici encore, on note que les électeurs socialistes sont plus christianophobes que leurs camarades matérialistes athées.
Quant à la haine de la religion juive, chez les mêmes, elle les rapproche des électeurs du Front National, quoique les électeurs du Front national soient moins antisémites que les électeurs du Parti socialiste, qui le sont eux-mêmes moins que les électeurs du Front de gauche.
L’observation du corps électoral permet donc de vérifier ce que j’ai si souvent noté dans ce journal. Le parti au pouvoir est un parti révolutionnaire, virulemment antichrétien et antisémite, et qui a cru trouver dans l’islam politique l’allié qui lui permettait d’opérer ce qu’il appelle le « changement de civilisation ».

15 janvier. — Écouté sur France Culture les belles voix posées des acteurs, et les voix mouillées et trémulantes de ces autres acteurs, mais dénués, eux, du moindre talent, qui sont officiellement journalistes, politiciens ou universitaires — et tous répétaient d’un ton pénétré qu’il ne fallait surtout pas faire d’amalgame, ce que les internautes ont finement résumé, avec cet humour bien français, par la formule « l’islam n’a rien à voir avec l’islam ».
Ce qui nous a un instant trompés, c’est que les journalistes français ont réagi de façon corporatiste. Les journalistes en réalité se pleuraient eux-mêmes (d’où cet éditorial proprement délirant de Libération, qui expliquait que les terroristes s’en étaient pris aux journalistes droits-de-l’hommistes). On a donc pu croire à un sursaut, à une prise de conscience, mais ce n’était naturellement qu’une illusion.

16 janvier. — Sur France Culture, Caroline Broué, probablement fatiguée par les événements des derniers jours, prononce le nom de Luigi Pirandello avec un accent italien d’opérette — et se trompe, en mettant l’accent sur la deuxième syllabe, au lieu de la troisième. Pourquoi donc ce qui m’amuse tant dans la prose d’un E. F. Benson (les histoires de Mapp et Lucia, où ce dernier personnage prétend par snobisme être fluente en italien, dont elle ne parle pas trois mots) me paraît-il si odieux dans la bouche d’une productrice de France Culture ? C’est que les snobes oisives de Benson ont gardé le culte des arts et des lettres (si Lucia baragouine de l’italien, c’est en référence implicite au Grand Tour, qui menait les classes instruites britanniques en France et en Italie), tandis que la « journaliste culturelle » Caroline Broué n’est qu’une salonnarde inculte, recrutée sur sa docilité idéologique (multiculturalisme, gender, etc.), et qui se donne des airs de grande dame cosmopolite.

17 janvier. — Églises incendiées et centre culturel français mis à sac au Niger ; cinq morts, dont un homme brûlé vif dans une église. Attaque de la représentation diplomatique française à Karachi ; un mort. Émeutes à Dakar et à Nouakchott. On est donc revenu à février 2006, quand le monde arabo-musulman se déchaînait contre des caricatures danoises vieilles alors de quatre mois, après une campagne d’agitation orchestrée par les régimes et par les mosquées.
À Alger, des milliers de jeunes hommes ont hurlé « je suis Kouachi », détournant le slogan « je suis Charlie » pour glorifier les assassins. Cela préfigure peut-être ce qui va se produire en France, où nous disposons, en très grands nombres, des mêmes jeunes gens, grandis dans la haine de ce qui était en théorie leur pays, enhardis par le laxisme, enrichis par les trafics, armés militairement par les réseaux mafieux, armés moralement par les réseaux jihadistes.
On se serait bien passé, en des heures si sombres, des insultes du président Obama (qui nous conseille de mieux intégrer nos musulmans, ce qui arrive à pic).

Une chose drôle. La dernière promotion de l’ENA vient de se baptiser George Orwell. Certes il faut faire la part des cultures nationales et des inévitables problèmes de langue. L’adjectif orwellien (orwellian) n’a pas tout à fait le même sens en français qu’en anglais. En anglais, l’adjectif désigne un régime politique de propagande, de surveillance généralisée et de réécriture du passé, dont l’efficacité se mesure au fait que des propositions paradoxales cessent d’être perçues comme telles par la population (« la guerre, c’est la paix », « la liberté, c’est l’esclavage »). En français, la signification de l’adjectif, plus vague, est : qui décrit une société totalitaire analogue à celle contre laquelle nous a mis en garde George Orwell. Cependant on ne peut se départir de la pensée que les futurs cadres de la nation ont commis un lapsus aux dimensions prodigieuses et qu’ils se perçoivent eux-mêmes comme les futurs préposés à la langue de bois (« pas d’amalgame »), au paradoxe (annonce de mesures contre l’« islamophobie », après des attentats islamistes), et au lessivage du passé (« la France a toujours été musulmane »).

18 janvier. — Oublié de noter ceci, entendu hier à France Culture. Christophe Ono-dit-Biot (producteur d’une émission intitulée, cela ne s’invente pas, Le temps des écrivains) fait conspuer par ses trois invitées un député français, coupable d’avoir, à l’Assemblée, appelé madame Sandrine Mazetier, qui présidait la séance, « Madame le président ». Et les trois péronnelles de s’exécuter. C’est à qui aura les mots les plus durs. « C’est un dinosaure qui parle » (Blandine de Caunes) ; « Je suis assez horrifiée par le ton qu’il emploie, c’est d’une insolence incroyable » (Justine Lévy), etc.

19 janvier. — J’aimerais beaucoup continuer ma vie d’avant, et me consacrer à la lecture, à l’écriture, et à ce que le Times Literary Supplement appelle, non sans quelque préciosité, « the ecphrastic passegiata », c’est-à-dire à me promener dans des musées et à me décrire à moi-même des tableaux. Mais je suis comme le passager d’un paquebot qui s’est incliné sur son bord, et dont tout indique qu’il est sur le point de chavirer.
La censure islamique qui vient de frapper — sous la forme, habituelle dans le monde musulman, de l’assassinat par des fanatiques — n’est pas le début de quelque chose, c’est la fin de quelque chose, c’est le parachèvement de quelque chose. Les attentats contre Charlie ont bouleversé le régime imagier occidental, en l’alignant brutalement sur le régime imagier islamique, de sorte qu’il n’y a plus en Occident une image qui soit en sécurité.

20 janvier. — Hier toute la journée, à France Culture, examen de conscience sur le thème : comment en est-on arrivé là ? (Réponse : on a été odieux avec le délinquant de banlieue.) Je me suis fait la réflexion que, du point de vue du pouvoir, ce qui arrivait était inespéré. La popularité des chefs de l’actuel régime est à son zénith. On a chanté la Marseillaise et brandi des panneaux « je suis Charlie » en s’enchantant de son courage et de sa liberté, mais la classe intellectuelle est avertie que la moindre déviance se paie désormais d’une balle. Et on a pu relancer, après le bref intervalle que commandait la décence, la déploration victimaire.

21 janvier. — Il y a dans les récents événements, comme dans toute situation troublante et singulière, une part de sens flottant qui, lorsqu’on essaie de la réduire, aboutit à une sorte de délire pour gens sains d’esprit. Ainsi de la bizarre répétition de ce nom de rue, Nicolas Appert. L’inventeur de la conserve alimentaire a donné son nom à la fois au siège de Charlie et au Quick de Laon, où ont déjeuné les assassins en fuite.
Non moins bizarre, l’irruption, au milieu de ce récit de violence et de fanatisme à la pakistanaise, de l’univers romanesque de François Mauriac, quand la famille de Charb « dément formellement l’engagement relationnel entre Charb et Jeannette Bougrab ».

22 janvier. — J’observe que la droite a complètement perdu les pédales. Du moins la gauche, en expliquant que les victimes des récents événements sont les musulmans, flatte son électorat. Mais la droite ne semble soucieuse que de singer la cagoterie islamique et réclame à cor et à cri des limites à la liberté d’expression pour les caricaturistes, au lieu de réclamer des limites au prosélytisme meurtrier. Comment les chroniqueurs qui enfourchent le dada de « l’injure grossière à la foi des autres » ne se rendent-ils pas compte que cela ne sert rigoureusement à rien, les criminels n’étant par définition jamais à court de prétexte ? (Y a-t-il quelqu’un pour croire réellement que les musulmans de Zinder qui, le seize janvier, ont mis au pillage les églises et les magasins des quelques centaines de chrétiens de la ville, étaient des croyants outragés ?) Nos chroniqueurs n’ont pas l’air de comprendre en outre que ce n’est pas tant la gravure anticléricale qui est visée par les assassins wahhabites que l’iconosphère chrétienne, qui tombe toute entière sous le coup de la prohibition imagière. — Ainsi, à la basilique San Petronio de Bologne, la fresque de L’Enfer, de Giovanni di Pietro Faloppi (Giovanni da Modena), est désormais sous protection policière.
Au surplus, les événements des derniers jours semblent avoir eu un effet désastreux sur des esprits sans doute fragiles. Dans Valeurs actuelles, Éric Brunet voit dans le Charlie post-attentat des dessins de « Mahomet avec une paire de testicules sur la tête » ou « sous la forme d’une crotte enturbannée ». Dans Causeur, Régis de Castelnau écrit : « Était-il nécessaire de reproduire à ce moment-là ce qui à l’évidence est une caricature de Mahomet sous forme de deux bites ? »

27 janvier. — « L’invasion de Paris », c’est ainsi que la Qaeda nomme les événements, désignation grandiose et mensongère, ainsi qu’il convient à des fanatiques. Cependant ces fanatiques ont sur la classe médiatique — et sur la classe politique, serve de la précédente — cette supériorité qu’ils inscrivent leurs opérations dans la catégorie des conflits, alors que, pour le pouvoir et les médias, ce qui s’est passé relève de l’actualité, c’est-à-dire d’un sensationnalisme à court terme. Et personne en France ne semble s’apercevoir que nous resterons devant l’histoire comme ceux qui ont permis cette infamie, qui ont laissé s’installer ce régime de terreur généralisée.

28 janvier. — Ceux qui tuent les caricaturistes et ceux qui tuent les « sionistes », ce sont les mêmes. Et ce sont les mêmes qui volent et qui trafiquent (puisque les moudjahidin sont recrutés dans la petite pègre musulmane).
Terrible simplification. Toutes les distinctions que la pédagogie de la culpabilité nous avait amenés à opérer de façon automatique tombent.

30 janvier. — Festival d’Angoulême. Étonnante exposition consacrée à Alex Barbier. Sur la vidéo, Barbier décrit ses amours (avec des hommes et avec des femmes) dans les salles en ruines d’un casino désaffecté et il explique comment il cherche à restituer cette atmosphère dans ses récits par le moyen de la bande dessinée peinte (Barbier est l’inventeur du procédé dit de la « couleur directe »). À l’enquêteur qui lui fait la remarque que, dans ses bandes, il parle beaucoup de sexe mais peu d’amour, Barbier répond avec un extraordinaire phrasé d’acteur du cinéma français d’avant-guerre : « C’est quoi, l’amour ? » Puis on l’interroge sur l’omniprésence dans ses bandes de monstres (loups-garous, extraterrestres), et Barbier explique alors, avec le même phrasé, que chacun de nous abrite un parasite, une créature qui vit en nous et qui n’est pas amicale. N’est-ce pas ce que les catholiques, à une époque où ils ne craignaient de passer pour obscurantistes, appelaient la possession ?

1er février. — « Il semble évident, écrit le P. Boespflug, interrogé dans L’Obs, que nous allons devoir mettre de l’eau dans notre vin car nos sociétés deviennent de plus en plus multiculturelle et multi-religieuses. C’est peut-être la fin de la tolérance molle qui s’auto-justifie au nom de la liberté d’expression exaltée comme un absolu intouchable. »
Mais telle est précisément l’alternative dans laquelle nous refusons qu’on nous enferme. Pour Boespflug, liberté d’expression signifie licence, droit à l’irresponsabilité, droit d’insulter, ou, comme il l’écrit, « liberté absolutisée » (« La liberté absolutisée qui ne tiendrait plus compte de comment le propos est reçu n’est plus applicable dans une société multi-ethnique et multi-culturelle. On ne peut pas tout dire, partout, tout le temps. Ça me paraît être du bon sens. ») Or cette idée d’une « liberté absolutisée » s’oppose à tout ce que nous savons de la façon dont on fait un dessin, un album, un journal humoristique. J’écoutais un dessinateur au 42e festival d’Angoulême expliquer à un confrère que ce qui « passe », ce qui sera publié, est le résultat d’un arbitrage complexe entre une ligne éditoriale, des considérations d’opportunité, la susceptibilité et le caractère procédurier de la cible (personne ne publie un dessin dont il pense qu’il attirera probablement un procès), la drôlerie même du dessin (on tolèrera mieux un dessin qui fait rire aux éclats). Aucun dessinateur, aucune publication n’a jamais réclamé le droit de « tout dire, partout, tout le temps ».
Symétriquement, la prise en compte de « comment le propos est reçu » cache la soumission pure et simple au fanatisme, puisqu’on invite tout paranoïaque à présenter sa lecture d’une production imagière quelconque, c’est-à-dire la liste de ses griefs, en s’engageant par avance à y faire droit.

2 février. — Il me frappe que dans l’actuel discours sur la nature coupable des images, il ne soit jamais question de l’image télévisuelle. Les assassins de Paris visaient deux cibles principales, les dessinateurs et les juifs. Ces cibles sont identifiées à deux imageries très distinctes, l’une ironique, la caricature, réinterprétée par des êtres frustes et violents comme une « offense », l’autre pathétique, les images d’enfants tués dans les bombardements à Gaza.
Or ce n’est pas l’ironie, c’est le pathos imagier qui est meurtrier. Et nos télévisions ont, après tout, pendant 72 heures, offert aux moudjahidin un film à leur gloire, un film soigneusement monté, et dramatisé selon les meilleures recettes, par exemple par le recours à l’analepse.

4 février. — J’ai souvent critiqué la stratégie consistant à statufier la liberté d’expression. Face à un adversaire qui présente sa propre violence comme procédant d’une offense au sacré, le régime répond en « sacralisant » la norme litigieuse, de sorte qu’il y a dans la défense même une sorte de mauvaise honte.
On me dira que c’est du moins une forme de résistance, que lorsque l’actuel président déclare : « La liberté d’expression ne se négocie pas », il veut dire que nous ne cèderons pas devant les violences et le chantage islamiques. Mais précisément, la stratégie n’est que défensive alors qu’il faudrait porter des estocades à l’ennemi.
Surtout, en procédant de la sorte, on se place ostensiblement sur le plan d’un simple conflit de normes — et d’un conflit spécieux, taillé sur mesure pour une société multiculturelle, opposant la « liberté d’expression » à un prétendu « droit au respect », inspiré par la vindicte et la boursouflure mahométanes —, alors qu’on est en réalité dans le cadre des violences politiques, l’assassinat politique des dessinateurs de Charlie s’inscrivant à côté des frappes terroristes, des émeutes de banlieues, des violences urbaines, et du meurtre de juifs « à la palestinienne ». — J’ai un peu l’impression que si les fedayin s’en prenaient demain à des musiciens, on inventerait un prétendu « droit au silence », qu’on mettrait en balance avec la « liberté d’harmoniser », norme sacrée, comme on sait.

5 février. — Déguiser la réalité brutale des violences politiques — de telle sorte qu’on puisse au moins se donner l’apparence de continuer à chercher des justifications à la position mahométane — c’est bien à cela que sert l’argument du conflit de normes opposant « liberté d’expression » et prétendu « droit au respect ». Ce travestissement devient évident sitôt qu’on en examine les termes. Pourquoi la liberté d’expression est-elle décrite comme une « norme abstraite » ? Parce que le « droit au respect » représente, lui, une norme on ne peut plus concrète, puisque il recouvre en réalité des affects (colère islamique, explosions de rage meurtrière), un peu maquillés par l’onction islamique. Mais « norme abstraite » signifie aussi « arbitraire » et « illégitime », raison pour laquelle il est si aisé de décrire la liberté d’expression comme « absolutisée », « sans limites », etc. À cet égard, l’argument de la « norme abstraite » appartient à la sophistique des islamodules. Il permet de réfuter ce qu’on voudra, comme les arguments de la « non-discrimination » et de « phobie » permettent d’exiger ce qu’on voudra. Ainsi de l’égorgement rituel sans étourdissement préalable. Barbarie, ce meurtre d’un animal conscient, paniqué, qui mettra quinze minutes à crever ? Point ! la norme de la souffrance animale est une « norme abstraite », qu’on ne saurait « absolutiser », alors que la norme mahométane du halal est, elle, tout à fait concrète, puisque le pieux musulman ne peut consommer une viande impure. Et fort logiquement, l’égorgement rituel sera décrit par les égorgeurs comme « respectueux » de l’animal — puisque l’animal a, lui aussi, « droit au respect », et que « respectueux » et « islamique » sont à peu près synonymes.

6 février. — Mes chats se souviennent-ils que j’ai disparu presque une semaine (festival d’Angoulême) ? C’est ce que je ne crois pas. Pourtant il doit bien y avoir quelque chose, un souvenir diffus, associé à l’existence elle-même, qui leur fait éprouver pendant quelque temps qu’il est doux de se lover contre le maître, de jouir de la chaleur de l’âtre, etc.

7 février. — Un mois après les frappes de Paris, je n’ai pas retrouvé mon assiette. Ma dépression prend volontiers la forme d’une question rhétorique : Est-ce qu’on peut me rendre ma civilisation ?
Inversement, tentation de déclarer forfait, de dire « de mon temps » pour désigner l’époque où l’on ne vivait pas sous la menace d’être assassiné mahométiquement, bref de devenir, un peu plus tôt que ne m’y autorise la stricte chronologie, un monsieur d’âge mûr.
Ce qui me fait sortir du marasme, par réaction, ce sont les propos d’autres désillusionnés, tels ceux-ci, d’Imre Kertesz, dans son journal, traduit aux éditions Actes Sud sous le titre L’Ultime Auberge, entrée du 3 février 2006, au moment donc de l’affaire des caricatures danoises (je cite la version allemande, sans doute plus fiable que la française) : « Das tägliche Elend des Verfalls Europas. Europa bittet den Islam um Gnade, zuckt und windet sich vor Ergebenheit. Dieses Schauspiel widert mich an. Feigheit und moralische Debilität werden Europa zerstören, seine Unfähigkeit sich zu verteidigen, und der offenkundige moralische Schlamassel, aus dem es seit Auschwitz nicht herausgefunden hat. Es begann mit einer Erhebung gegen die östliche Tyrannei (Perserkriege) und endet mit einer Kapitulation vor der unwürdigsten östlichen Macht (Palästinenser). Requiem aeternam… »
Sitôt après les événements, je me suis réfugié dans ma pièce à archives, qui est la plus retirée de ma petite maison, et dont les bibliothèques sont disposées en colimaçon. Au centre du labyrinthe est un piano, et sur ce piano je jouais, soir après soir, ce que j’arrive à débrouiller du premier livre du Clavier bien tempéré.
Dans un deuxième temps, j’ai cherché l’oubli en visionnant sur la Toile de vieux Charlie Chan (ceux avec Sidney Toler, que je préfère à ceux avec Warner Oland), et de vieux Mister Wong avec Boris Karloff. Tous ces films, des séries B de la Monogram, sont d’une très grande beauté formelle, beauté qui est rehaussée plutôt que diminuée par leur caractère générique (les détectives sont par définition interchangeables, et leurs idiosyncrasies ne sont là que pour dissimuler cette interchangeabilité) et par leur sérialité (ainsi, les Charlie Chan avec Sidney Toler empruntent volontiers au gothique).

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EXTRAITS DU JOURNAL DE HARRY MORGAN 2014
Un nègre antisémite. - Our offense-seeking age. - Cinéma britannique. - The Lair of the White Worm de Bram Stoker. - La manifestation du 2 février. - Logique de journaliste. -Internet et la créativité. - À Plombières. - Soixante millions de totalitarismes. - Athéisme. -Doré à Orsay. - La chapelle de la médaille miraculeuse. - Londres et la vallée de la Tamise. - Walpole à Strawberry Hill. - William Hogarth à Chiswick. - William et Evelyn De Morgan. - La lyse de la structure sociale et l'unisabir. Le patrimonial, histoire morte. - Au musée de la vie romantique. - La Vallée aux Loups. - Le diable adore les enfants. - La Mad Pride. - Télé-Terreur. - Une conférence de VigiGender. - La Voie lactée de Buñuel. - Une victoire à la Pyrrhus.
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Le vert du lac Trasimène - Les émeutes en France. - Nouveau voyage en Savonie. - Toujours l'unisabir. - Les immolées de Rotherham. La guerre contre le sumac.
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Une robinsonnade pour toute l'humanité. - Victoire. - Un autodafé. - le Quattrocento à Paris. - Un accident de douche. - L'arrestation d'un sociologue. - Les romans de Margarine Duras. - L'erreur stratégique et l'erreur de doctrine. - La révolte.
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LES DEUX CROISADES DE L'ABBÉ BETHLÉEM
UN APOSTOLAT BIBLIOCIDE
À propos de Jean-Yves Mollier, La Mise au pas des écrivains : l’impossible mission de l’abbé Bethléem au XXe siècle, Fayard, 2014

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Cautionary Tales For Housewives
Les nouvelles d'Alice Munro

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EXTRAITS DU JOURNAL DE HARRY MORGAN 2013

La manifestation du 13 janvier. - L'accusation d'homophobie. - La manifestation du 24 mars. - Le défilé du 4 mai. - Toujours le mariage gay. - Violences symboliques et imagerie. - La manifestation du 26 mai. - L'école lombarde. - Monuments londoniens.

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